Les offres packagées, une illusion

Quand un client cherche un prestataire web, il va se retrouver face à deux démarches radicalement opposées :

  1. des offres packagées « tout en un »
  2. des offres sur mesure « au cas par cas »

L’avantage du Pack

Le pack semble promettre un prix réduit et une mise en service sans surprise, tandis que le sur mesure s’adresserait à des budgets plus importants, demandant des efforts plus soutenus puisque tout est à inventer à chaque fois.

Bien sûr, quand on a réalisé un certain nombre de projet, on identifie des méthodes et des solutions et on les reproduits sur les suivant pour gagner du temps. Les petits projets sont ceux qui ont le plus de caractéristiques communes puisque leurs cahiers des charges sont les plus réduits et ne vont exploiter qu’un nombre limité de fonctions.

En interne on constate rapidement le gain de productivité acquis en clonant une base plus ou moins extensible pour chaque type de site, et la rentabilité s’en trouve ainsi augmentée. Pourquoi ne pas baisser alors leur prix ? Mieux vaut plus de projets à moindre marge que peu de projets pour une marge à peine meilleure…

Commercialement l’offre est séduisante puisque moins chère, exécutée rapidement, il ne reste plus qu’à se lancer en proposant le tout comme un produit.

Le pack de base à XXX€ HT, le pack corporate à XXXX€, le pack e-commerce à XXXXX€.

Le pack de base devrait être vendu en gros volumes pour être viable, il vaut mieux donc diriger sur le pack corporate. Pour cela il suffit de limiter les fonctions du pack de base pour le rendre quasi-inutile. Toute fonction supplémentaire est un « module », dont le prix unitaire est rédhibitoire.

Ce qui fait que leur addition fait vite choisir le pack corporate, « tant qu’à faire ».

Ensuite vient le pack e-commerce, ou « VIP », « Performance », appelez le comme vous voulez. On y a mis toutes les fonctions que l’on a pu répertorier en faisant une liste de ce qui existait sur le web. On y met la totale. A peu près.

Les inconvénients

  • Quand on passe sur une logique de produit, on sort de la logique de service. Le service devient un corolaire du produit. Plus l’agence vend de pack, plus le client est traité industriellement.
  • Aucun inventaire des fonctionnalités des sites web n’est exhaustif, car les variantes d’un outil sont infinies. Il existe des milliers de sortes de couteaux, et des milliers de sortes de formulaires.
  • On ne vous conseillera pas. On ne vous proposera pas d’autres solutions que celles qui sont faciles à mettre en place.

Le pack vous mets en danger dés que vous avez un besoin spécifique. Et la plupart du temps, vous avez un besoin spécifique.

Quand un client investit dans un projet web, c’est parce que sa présence sur le web est stratégique. Soit il lui faut communiquer un type d’information particulier, soit il doit rendre un service à sa clientèle, soit il lui faut un outil pour tel objectif…

Le sur mesure n’est pas plus cher

N’importe quel professionnel va mettre en place des méthodes pour travailler plus vite. Mais aussi pour travailler mieux ! Le jeu des marges et de la productivité ne regarde pas le client, et quand on fait de la communication visuelle on doit se sentir investi par le projet. C’est pour ça qu’on a choisi ce métier.

Le sur mesure ne peu s’aligner sur le pack, mais le pack vous fera perdre de l’argent. Un site est un outil, s’il n’est pas calibré sur vos besoins vous vous retrouverez à devoir rattraper ses lacunes sur le terrain et à réinjecter de l’argent au coup par coup.

Alors oui, il y aura toujours des projets qui auront les même cahiers de charges et le même budget, mais non, on ne peut pas cloner un site et juste changer  visuels et textes !

Nouveau design du site

Nouveau design, nouvelles références, nouvelles orientations.

Désormais bien installée et avec  de nombreux  projets en cours, l’agence Linéaris commence 2010 avec de nouveaux objectifs, de nouvelles promesses aussi :

  • Qualité accrue : nouvelles méthodes et nouveaux partenaires.
  • Innovation :  solutions inédites expérimentées et éprouvées par nos soins
  • Créativité : mise en avant de l’offre de design graphique, le cœur de Linéaris !

La ligne éditoriale du blog ne change pas, je continuerai à partager mes découvertes ou analyses sur notre métier; selon un rythme aussi hasardeux. Toujours en privilégiant un contenu riche plutôt que fréquent mais pour ne rien dire.  Je sais que je ne risque pas d’encombrer vos flux RSS de cette façon.

Si certains ont perdu le fil des billets dans leur agrégateur avec cette mise à jour, je m’en excuse, voici pour eux l’adresse du flux : http://www.linearis.fr/feed

Restez branchés, 2010 réserve des nouveautés à la pelle !

Bloguer en 2010

Pourquoi un blog, et pourquoi surtout un blog pro, alors que Twitter, Facebook et demain tous nouveaux services de dissémination de l’information ringardisent le format long pour aller à l’essentiel ?

Vous l’aurez remarqué, je n’ai pas beaucoup écrit depuis l’automne 2009, période durant laquelle j’ai twitté, agregué des flux, surveillé le buzz, partagé des articles ou vidéos sur facebook…Je me suis fondu dans le nouveau web social. Le glissement s’est fait lentement, comme un évolution logique de mon activité de veille et gestion de ma « e-reputation » sur le web.

Aujourd’hui j’en dresse le bilan et constate en toute simplicité que j’ai perdu trois mois de veille pertinente contre trois mois de contemplation hébétée de fragments d’informations inutiles. Répétées de micro-messages en micro-statuts, raccourcies jusqu’à leur substance la plus élémentaire, ces informations parcourent la toile frénétiquement pour se faire entendre, comme le code barre d’un livre qui désespérerait d’être lu !

Car que sont ces fragment sinon la plupart du temps des liens vers de vrais contenus,  contenant le développement réel, et donc la valeur, de l’information ?

On arrive donc à la situation ou l’on a remplacé progressivement les newsletter par les flux rss, puis par Twitter et consorts pour arriver à se renseigner plus efficacement, mais notre canal de réception est saturé au point de devoir limiter les notifications de nouveautés à un simple identifiant de 140 caractères. Avez vous déjà essayé de retrouvé une information » vieille » de 15 jours ? Aucun mot clé, aucune requête n’y parvient. Le canal répète inlassablement la même rengaine, des fragments qui se ressemblent tous et pointent vers l’information proprement dite.

La mort annoncée des blogs .

Oui la mode des blogs est en fin de vie. La livraison de nouveaux contenus a toujours été assurée par une minorité (5% des utilisateurs produisent 80% du contenu des site UGC – User Content Generated), et aujourd’hui tout ce petit monde se professionnalise, les vidéos marrantes sont produites par des studios spécialisés, les écrivaillons d’états d’âmes ou de blogs BD publient chez Glénat, les webdesigners qui partageaient leur astuces photoshop fondent des web TV payantes de tutoriaux an partenariat avec Adobe.

Je devrais être satisfait de voir la situation se déplacer vers la professionnalisation qui devrait mettre fin à la prise de parole collective des amateurs. Pour exemple Wikipedia a longtemps été un abominable terrain vague où s’affrontaient les ignares avant que de strictes règles de validation n’encouragent les rédacteurs possédant un réel savoir.

Or au contraire, les diffuseurs se tournent vers le mainstream et l’entertainment ! Même pour les sujets qui m’intéressent, plutôt professionnels et spécifiques, c’est l’amateur qui est visé ! Les articles de blogs sont de plus en plus généralistes et superficiels, les auteurs de plus en plus mercantilistes, les informations de moins en moins critiques, et au final, deviennent des opinions, des avis…

J’en ai soupé, et c’est probablement un nouveau souffle que j’ai cherché dans twitter, mais il n’a fait que me ramener vers ces mêmes blogs. Soit.

Bloguer ou payer ?

Mais si le blog meurt, c’est qu’il mute, aussi voit-on des plateformes de veille naitre de-ci, de-là, qui ressemblent de plus en plus à du journalisme, avec charte éditoriale, périodicité, et modèle payants (exemples avec le Journal of IA).

Payer comme au bon vieux temps du papier semble la seule manière de retrouver la qualité qui avait fait de la blogosphère un nouveau média. Et pourtant ! Des individus s’accrochent et continuent à partager leur connaissance ou leur expérience, simplement par goût de le faire. Lisez par exemple le passionnant Ignore the code sur l’utilisabilité, ou  What make them click sur l’ergonomie.

Je vais tenter de suivre le même chemin, écrire parce que j’en ai envie, et ne proposer que des articles qui correspondent à un sujet que j’aurais aimé lire ailleurs avec rigueur et enquête. C’est le minimum.

Je pense que ça ira comme résolution et vœux blogosphérique cette année :)

Convaincre par l’expérience

Le travail du designer est ignoré
Un designer est considéré comme utile mais pas indispensable. Une voiture peut rouler sans carrosserie, on ne demande à une perceuse qu’à percer des trous, et une interface doit livrer des informations.

Oui mais si il pleut ? Si la perceuse nous glisse des mains en permanence ? Si les informations ne sont pas lues par leur destinataires ?

Pour éviter le pire, on fais donc appel au designer, dont le travail sera de trouver des idées. Ces idées seront ensuite triées, choisies et évaluées.

Le client va garder le logo mais va mettre le fond dans une autre couleur. L’ingénieur va intégrer l’outil de recherche mais va faire sa propre fenêtre de résultat. Enfin le chargé de communication ou le directeur marketing va conserver votre mise en page mais remplir les « blancs » avec de nouvelles informations (en rouge de préférence).

Pas de panique !

Un mauvais design, ça se rattrape !

Ma stratégie actuelle, en attendant de trouver une réponse plus élaborée, est la suivante :

je laisse faire, parfois même je m’exécute docilement.

D’une part parce que les clients et leur collègues se focalisent toujours sur les mêmes éléments, ce qui détourne leur attention du plan général et des micro-interactions les plus indispensables. Cela me laisse donc de la marge pour proposer un design cohérent dans son ensemble.
D’autre part parce que c’est à se moment que je récolte les informations les plus précieuses sur le fonctionnement interne de l’entreprise : le comportement des protagonistes et leur interaction avec le projet.

Tous ces éléments après lesquels on a couru pendant la phase de conception surgissent à ce moment là. On peut donc récolter de quoi finir son travail.
La fin justifie les moyens
Laisser vos interlocuteurs détruire votre proposition est une étape comme les autres. Mettez les devant le résultat et laissez les s’interroger. En peu de temps, ils conviendront de l’urgence d’unifier l’effort de conception et de choisir un responsable pour cette tâche.

Coup de chance, ils m’ont justement sous la main et m’ont engagé exactement pour ça !

Pour finir, je précise que cette méthode ne donne pas des résultats dans 100% des cas, en tous cas elle est la meilleure que j’ai trouvée pour pouvoir continuer à travailler en milieu anarchique. Quand tout le monde est bêtement borné, je ronge juste mon frein jusqu’au prochain projet.

Mais je trouverais, je commence une grande carrière de manipulateur !

Remplacer Fcke par un pétard mouillé

L’éditeur WYSIWYG Fcke est bien connu des internautes quand ils doivent saisir du contenu riche dans certaines applications web.

L'interface de l'éditeur Fcke

Le Wysiwyg permet de mettre en forme texte et image sans connaissance technique, et Fcke s’est imposé auprès de nombreux développeurs comme un choix fiable, gratuit (open source) et performant.
Mais le web change et les exigences des développeurs aussi. Les créateurs de Fcke planchent donc depuis deux ans sur un nouvelle mouture entièrement réécrite. Elle vient de sortir et force est de reconnaître qu’elle brille de mille feux !
Voici donc venir CKE !

L'interface de CKE

Plus « flashy » , non ?
Ces boutons ronds, ces ombres portées…très moderne. Et entièrement configurable avec ça ! Les nouveautés sont alléchantes:

  • Des options permettant de tout paramétrer : quels boutons, quelle couleur, quelle taille…
  • Une architecture de plugin permettant d’alléger ou d’étendre les fonctionnalités
  • Des performances accrues à l’affichage et à l’enregistrement
  • Une validation XTHML irréprochable
  • Une accessibilité améliorée

Pour l’utilisateur final, tous ces changements sont vains.

Le comportement de l’éditeur n’a pas changé ! Mettre en page avec CKE est aussi peu intuitif qu’avec Fcke. J’ai fait immédiatement un essai de ce que j’ai vu faire des dizaines de fois par des utilisateurs : j’ai essayé de déplacer l’image à coté du titre :

J'ai déplacé l'image à l'aide de la souris e haut à gauche.

Voici le code généré :

<p>
<img align="left" height="168" hspace="10" src="http://a.cksource.com/c/1/inc/img/demo-little-red.jpg" width="120" />
</p>
<h1 id="firstHeading">
Little Red Riding Hood</h1>
<p>

Le titre h1 est dans le paragraphe p, l’accessibilité est déjà mise à mal. La validation W3C ne passera pas, en définitive, le flux des informations de la page est brisée.

Ce n’est pas ce que voulait faire l’utilisateur, il n’y connait rien en HTML. Rappelons que c’est tout de même le but du Wysiwyg.

Or, aujourd’hui tous les éditeurs Wysiwyg demandent des connaissances en HTML et en CSS pour faire des mises en forme un peu élaborées. Si j’avais voulu mettre mon image à droite, j’aurais dû changer son alignement. Un concept purement hérité des CSS.

Pire, de nombreuses options demandent carrément de rentrer des données numériques :

option d'images

Qui peut prétendre que je suis face à un éditeur qui ne demande aucune connaissance technique ? Nous sommes en 2009 et ces éditeurs sont moins intuitifs que les premiers traitements de texte informatique visuels :

Word en 1984

J’attendais bien plus de deux ans de travail par l’équipe de CKE. Je vois que l’adoption des nouveaux paradigmes Wysiwyg va se faire longuement attendre et que nos utilisateurs vont encore avoir à se battre avec des comportements erratiques ou à revoir leurs ambitions esthétiques à la baisse.

Un sujet à creuser, j’y reviendrait, avec le défrichage des tentatives pour remédier à cette immense lacune du web !

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