Bloguer en 2010
Pourquoi un blog, et pourquoi surtout un blog pro, alors que Twitter, Facebook et demain tous nouveaux services de dissémination de l’information ringardisent le format long pour aller à l’essentiel ?
Vous l’aurez remarqué, je n’ai pas beaucoup écrit depuis l’automne 2009, période durant laquelle j’ai twitté, agregué des flux, surveillé le buzz, partagé des articles ou vidéos sur facebook…Je me suis fondu dans le nouveau web social. Le glissement s’est fait lentement, comme un évolution logique de mon activité de veille et gestion de ma « e-reputation » sur le web.
Aujourd’hui j’en dresse le bilan et constate en toute simplicité que j’ai perdu trois mois de veille pertinente contre trois mois de contemplation hébétée de fragments d’informations inutiles. Répétées de micro-messages en micro-statuts, raccourcies jusqu’à leur substance la plus élémentaire, ces informations parcourent la toile frénétiquement pour se faire entendre, comme le code barre d’un livre qui désespérerait d’être lu !
Car que sont ces fragment sinon la plupart du temps des liens vers de vrais contenus, contenant le développement réel, et donc la valeur, de l’information ?
On arrive donc à la situation ou l’on a remplacé progressivement les newsletter par les flux rss, puis par Twitter et consorts pour arriver à se renseigner plus efficacement, mais notre canal de réception est saturé au point de devoir limiter les notifications de nouveautés à un simple identifiant de 140 caractères. Avez vous déjà essayé de retrouvé une information » vieille » de 15 jours ? Aucun mot clé, aucune requête n’y parvient. Le canal répète inlassablement la même rengaine, des fragments qui se ressemblent tous et pointent vers l’information proprement dite.
La mort annoncée des blogs .
Oui la mode des blogs est en fin de vie. La livraison de nouveaux contenus a toujours été assurée par une minorité (5% des utilisateurs produisent 80% du contenu des site UGC – User Content Generated), et aujourd’hui tout ce petit monde se professionnalise, les vidéos marrantes sont produites par des studios spécialisés, les écrivaillons d’états d’âmes ou de blogs BD publient chez Glénat, les webdesigners qui partageaient leur astuces photoshop fondent des web TV payantes de tutoriaux an partenariat avec Adobe.
Je devrais être satisfait de voir la situation se déplacer vers la professionnalisation qui devrait mettre fin à la prise de parole collective des amateurs. Pour exemple Wikipedia a longtemps été un abominable terrain vague où s’affrontaient les ignares avant que de strictes règles de validation n’encouragent les rédacteurs possédant un réel savoir.
Or au contraire, les diffuseurs se tournent vers le mainstream et l’entertainment ! Même pour les sujets qui m’intéressent, plutôt professionnels et spécifiques, c’est l’amateur qui est visé ! Les articles de blogs sont de plus en plus généralistes et superficiels, les auteurs de plus en plus mercantilistes, les informations de moins en moins critiques, et au final, deviennent des opinions, des avis…
J’en ai soupé, et c’est probablement un nouveau souffle que j’ai cherché dans twitter, mais il n’a fait que me ramener vers ces mêmes blogs. Soit.
Bloguer ou payer ?
Mais si le blog meurt, c’est qu’il mute, aussi voit-on des plateformes de veille naitre de-ci, de-là, qui ressemblent de plus en plus à du journalisme, avec charte éditoriale, périodicité, et modèle payants (exemples avec le Journal of IA).
Payer comme au bon vieux temps du papier semble la seule manière de retrouver la qualité qui avait fait de la blogosphère un nouveau média. Et pourtant ! Des individus s’accrochent et continuent à partager leur connaissance ou leur expérience, simplement par goût de le faire. Lisez par exemple le passionnant Ignore the code sur l’utilisabilité, ou What make them click sur l’ergonomie.
Je vais tenter de suivre le même chemin, écrire parce que j’en ai envie, et ne proposer que des articles qui correspondent à un sujet que j’aurais aimé lire ailleurs avec rigueur et enquête. C’est le minimum.
Je pense que ça ira comme résolution et vœux blogosphérique cette année


