La Journée Mondiale de l’Utilisabilité est un évènement présent dans 143 pays organisé par l’UPA, la Usability Professionnels Association. J’étais présent à la conférence ‘Utilisabilité des Interfaces Riches » au Microsoft Business Center des Invalides à Paris, qui avait gracieusement offert une salle à cet évènement par principe gratuit. Orchestrée par Fred Cavazza, la soirée s’est déroulée autour des thèmes désormais classiques de la conception ergonomique des interfaces, mais surtout autour des nouvelles possibilités technologiques qu’offrent les interfaces riches, l’expérience nouvelle qu’elles apportent à l’utilisateur, et autour des défis pour les concepteurs de sites ou applications qui doivent optimiser l’utilisabilité de ces interfaces.

Fred Cavazza introduit la conférence
Avec la volonté de sensibiliser les professionnels du web à l’utilisabilité, les participants ont exposé leur démarche, traité des cas d’école et insisté sur les bénéfices du recours à des bibliothèques d’interactions plus vaste que les composants html.
Bien que très riche en exemples de nouveautés technologiques pas toujours très productives, la ligne directrice a toujours été : alléger la charge en information des utilisateurs. On a d’ailleurs plus insisté sur les manœuvres de politique interne pour refroidir les ardeurs du marketing à l’affut du moindre espace.
Adobe a fermé la marche par une démonstration de sa méthode de conception. Plus que jamais, la qualité de l’information et la facilité d’emploi est au cœur de leur vision, et ils se posent en évangélistes de la conception centrée utilisateur (CCU).

Une démonstration des nouveautés d'Adobe Labs
Une soirée riche en enseignement et en rencontres, le networking battant son plein dès l’ouverture du buffet.
Et maintenant les doléances :
Évangéliser, sensibiliser, l’effort est louable. Mais la vulgarisation doit-elle faire oublier la réalité crue et rébarbative de la tâche du concepteur ? N’aurait-il pas fallu montrer le travail de fourmi quotidien réalisé sur le terrain pour récolter les informations nécessaires, leur analyse dans des classeurs excel surchargés, l’interprétation des parcours clients ou encore les résultats des tests d’eye tracking (oculométrie pour les intimes) ?
La présentation était presque trop « user friendly » pour l’assistance, censée relayer et propager les apports de l’utilisabilité. Il faut une couverture globale du sujet, en profondeur, pour se faire une opinion racontable avec ses propres mots. Les nombreux blogueurs « influents » présents auraient pu expliquer quelque chose comme « une interface optimisée apporte un gain en productivité, en confort, voire en élégance », j’ai bien peur de lire ces prochains jours que « les interfaces riches c’est utilisable et classe ! ».
J’aurais aimé également me frotter aux débats qui font rage dans la « UX community », avec les récentes études affirmant que la sonorisation des sites améliorerait drastiquement l’accessibilité des sites, ou la mort annoncée de la souris, voire du clavier, ainsi que la confrontation analyse quantitative/qualitative qui se renvoient la balle depuis quelques mois à coup de publications scientifiques…
Quoiqu’il en soit, une bonne soirée où je n’ai pas perdu mon temps, et où les sarcasmes voilés sur Microsoft ont fusé de toute part tandis que chacun prenait ses notes sur son mac ou son Iphone…