Mythes et réalités des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont la cote, Facebook en tête, suivi de sa myriade de concurrent, investissant sphères privées et professionnelles.

Alors qu’un nouvel acteur arrive aujourd’hui en France, Bebo, grand absent en France bien que fortement implanté à l’international, parait en même temps une étude universitaire portant sur les réseaux sociaux pour en temporiser sinon le dynamisme, au moins l’influence.

En analysant les interactions entre membres de la communauté du jeux en ligne Everquest II, Noshir Contractor et son équipe d’experts en sciences comportementales ont levé un lièvre inattendu : les réseaux de joueurs se forment par zone géographique. Et d’enfoncer encore : « Cela ne crée pas de nouveaux réseaux, ça renforce les réseaux existants ».

Une enquête à rapprocher de celle menée l’année dernière au canada qui relativisait déjà l’importance du concept à la mode de blogueurs influents, en relevant le même besoin de proximité : les recommandations des proches sont les premiers déclencheurs d’achat, quelle que soit l’opinion relayée par les blogs de référence et indépendamment de connaissance du web. De même, les recommandations postées par les clients sur les produits, comme on peut le voir sur de nombreux sites e-commerce, revêt une fonction plutôt informationnelle. Elle favorise indirectement la vente comme tout effort fait pour assurer la qualité de ses services, mais n’est pas un facteur déterminant. La méfiance sur l’origine et la partialité des critiques reste la règle.

Cette relativisation des moyens d’influencer l’opinion en se basant sur les communauté et la remise en cause des principaux arguments de vente de site de réseautage professionnels comme Viadeo, LinkedIn ou Xing rendent les stratégies de réputation en ligne très délicates à mettre en œuvre. En contrepartie, il est aisé d’en mesurer l’impact réel. Le retour sur investissement d’une action communautaire peut être tout à fait négligeable, voire impossible à estimer : ses retombées se font plus indirectement sur la relation client. Seules certaines niches bénéficient de retombées financières directes quand elles n’existent qu’en ligne et sont construites autour de ce principe (comme etsy.com). Plus de ressources sur ce sujet chez Bill Johnston !

Ergodesign Forum à Lyon le 8 juin

Lyon accueillera le premier forum Ergodesign. L’évenement consacrera la validité des démarches de conception ergonomiques face à l’abus de l’emploi d’un argument qui n’est trop souvent que commercial. De nombreux thèmes seront étudiés autour du dialogue entre ergonomie et design, sur des sujets tels que le design médical, les sports et loisirs, la qualité de vie au travail, l’aménagement du domicile, les transports publics et aménagements urbains, et enfin l’appropriation des nouvelles technologies.

Les grands lignes sont posées, et l’appel aux contributeurs vient d’ouvrir. Vous pouvez proposer vos papiers, témoignages, études de cas ou créations autour du thème de la conférence pour nourrir les débats qui auront lieu tout autour des conférences.

Le format workshop est privilégié et devrait attirer les professionels désireux de s’informer auprès de leurs collègues.

fluidIA, un outil de prototypage open source.

FluidIA est un projet de logiciel de prototypage pour les designers par les designers.

Jakub Linowski, qui s’est fait connaitre dans la profession grâce à son blog Wireframe Magazine, propose de développer ce projet sur le mode collaboratif, en récoltant les retours d’expérience des designers qui auront testé le logiciel, voir l’auront utilisé en production et en compilant les suggestions.

L’application en est encore à ses balbutiements, mais le concept de base est déjà posé : l’accent est mis sur les interfaces riches, où la notion d’état, plutôt que de page, est privilégiée :

Interface de FluidIA

Je vais essayer d’en faire quelque chose, l’idée me semble bonne, bien meilleure que celle du Pencil Project, trop limité dans son ambition. Je ne vois que des avantages à utiliser un logiciel gratuit qui reprend les fondamentaux d’Axure sans sa lourdeur fonctionnelle.

L’écran dans l’écran dans l’écran…

Les applications en ligne se multiplient et peu à peu l’idée d’une généralisation de ce modèle se répand. Microsoft tente de concurrencer Google et sa suite bureautique gratuite en ligne en travaillant sur une version Live de Word et Excel.

Toutes nos applications usuelles semblent concernées à long terme, la connectivité, le partage et le nomadisme semblant être devenus en 3 ans une nécessité dans nos habitude de travail. Restent que certaines ne sont pas prêtes pour le grand saut sur la toile, je pense par exemple aux traitement d’image ou de montage vidéo qui manipulent de lourds fichiers et réclament une forte puissance, autant de ressources limitées (aujourd’hui) sur un serveur web.

Notre navigateur web devient pourtant petit à petit le bureau de notre ordinateur, nous lui confions la gestion de nos fichiers, nos emails, notre agenda, de plus en plus de tâches. On se dirige vers de véritables systèmes d’exploitations venant concurrencer windows, mac ou linux dans une page web. EyeOs, par exemple, vous propose les fonctions classiques d’un bureau, accessible en ligne depuis n’importe quel cybercafé de la planète, avec les avantages que cela peut avoir pour un voyageur.

Ce type d’innovation se multiplient, encore basiques dans leur fonctions, mais mimant parfaitement ce qu’on attend d’un ordinateur, à tel point que certains intègrent même…un navigateur web ! Bitty Brower propose même en toute innocence un navigateur pour notre navigateur. La mise en abime est absurde mais représentative de l’évolution de l’informatique.

Ainsi, tandis que sort cette année le successeur de Vista, sobrement intitulé Windows 7, se prépare déjà Windows 8, qui est annoncé comme un noyau simplifié pesant moins d’une centaine de mega-octets, servant de support aux logiciels qui auront à leur charge une grande partie de la gestion de leur interface graphique. La raison en est la dispersion de l’informatique dans des objets autres que l’ordinateur. Les équipement électroniques nécessitent de plus en plus de ressources logicielles, le meilleur exemple étant notre téléphone portable, mais aussi notre voiture, notre appareil photo, notre frigo…Microsoft anticipe un avenir où il serait leader sur le matériel, laissant Apple se perdre dans les interfaces qui bientôt ne lui appartiendront plus, des surcouches créées par les éditeurs logiciels les ayant remplacées.

Google a fait du web son pari sur l’avenir, sortant à la fois Chrome, son propre navigateur exécutable sur toutes les plateformes courantes, et Native Client, son système d’exploitation exécuté par le navigateur, exploitant cette fois les ressources locales au lieu de celle d’un serveur. On peut imaginer qu’avec la généralisation d’un système comme celui ci, notre ordinateur ne finisse par nous servir qu’à lancer le navigateur !

Ces surcouches d’interfaces, encore balbutiantes et malpratiques, ont tendance à rendre l’utilisateur intransigeant. J’ai déjà en plus de mon bureau plusieurs fenêtres à manipuler (mail, explorateur, documents), la fenêtre du navigateur doit rester à sa place de fenêtre et ne pas s’attribuer le droit d’en ouvrir d’autres de son propre chef, ou pire de redimensionner son espace intempestivement. Les pop-up sont ainsi rageusement bannies et universellement reconnues comme irritantes, et le redimensionnement n’en parlons pas !

Les concepteurs web ont donc du apprendre à faire fonctionner leur application dans une seule fenêtre, quitte à fournir des fenêtres de dialogues modales en html, comme ces fameuses pop-up qui assombrissent le fond de l’écran :

Le navigateur n’est pas la seule réponse possible au portage d’une application sur le web, mais elle est la plus universelle. Tout le monde s’y met avec le pressentiment justifié de ne pouvoir y échapper avec ses excès inévitables et ses replis (comme la récente version offline de gmail).

Pour finir, parlons un peu des téléphones mobiles, sur lesquels on voit fleurir pléthore d’applications, et bien figurez vous que photoshop est désormais disponible sur l’Iphone :

La carte au trésor de l’expérience utilisateur

Peter Morville est comme moi : il ne sait plus quoi inventer comme métaphores pour expliquer en quoi consiste son travail ! Voilà qu’il nous pond une « UX treasure map » décrivant le chemin à parcourir pour arriver au trésor (l’expérience utilisateur), jalonné par les livrables que l’on fourni à chaque étape du design :

Plus sérieusement, à part l’ironique « proverbs » pour désigner les objectifs subjectifs d’un business, aucune extravagance dans ce schéma finalement assez classique. Reste à savoir lesquels de ces documents sont intéressant à montrer à l’équipe ou au client, certains me semblent n’avoir vocation qu’à être des documents de travail.

Toujours est-il que le problème d’un travail intellectuel est qu’il est invisible, même argumenté d’une liasse de document et d’une heure diaporama. Dur métier que le notre !

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