La fin d’internet explorer 6

Internet explorer 6 est apparu en 2001, livré d’office avec Windows, facilitant l’accès à internet pour toute une population d’utilisateurs assez inexpérimenté. Cette version a corrigé bien des défauts de sa précédente, a apporté des améliorations substantielles, et a fini par enterrer ses rivales, Netscape Navigator et Opera Browser. IE6 a mis fin à ce qu’on appelle maintenant la guerre des navigateurs, en imposant un monopole salutaire pour le web, qui mit finalement toute l’industrie d’accord sur les protocoles et standards à adopter.

Nous voici arrivés en 2009. Alors que la version 7 est parue en 2006 et que la version 8 devrait être disponible d’ici quelques semaines, notre bonne vieille version 6, IE6 pour les intimes, commence à tirer la langue.

IE6 ayant montré la voie avant l’effort de standardisation, il est maintenant lui même obsolète.

Son support CSS, qui gère l’apparence des pages, laisse franchement à désirer, et son implémentation du javascript, langage qui gère le comportement de la page et permet l’interactivité « riche » est aux dires de certains développeurs tout bonnement hérétique. Pourtant, par délicatesse et par obligation, IE6 possédant une grande part de marché, et par conséquents d’utilisateurs peu enclins à en changer, tous les concepteurs et développeurs ont pris l’habitude d’aligner leurs intégration XHTML/CSS sur notre vieux navigateur. Et croyez moi, il multiplie aisément par 2 le temps passé en «déboguage». Finalement, il ralenti l’innovation en tirant vers le bas toutes les initiatives.

Il est temps que cela cesse. Plusieurs campagnes pour inciter les internautes à changer de navigateur ont vues le jour depuis quelques mois, et un nombre croissant de sites ont cessé de s’adapter à ce dinosaure, Facebook en tête, ce qui ne l’a pas empêché de voir son nombre d’utilisateur doubler en un an. Trois campagnes ont fait parler d’elles :

Cette campagne propose que le mois de mars 2009 soit la date clef pour la fin du support d’IE6. Les participants s’engagent à cesser toute optimisation pour ce navigateur à compter de ce moment, et d’en faire la promotion ainsi que la sensibilisation sur leur site.

Cette campagne propose d’installer un script sur son site qui imposera aux visiteurs utilisant IE6 un message de bienvenue expliquant que leur navigateur est d’une version bien trop ancienne et les incitant à en télécharger gratuitement un de leur choix.

Même méthode pour cette campagne, mais proposant un script alternatif avec lequel les visiteurs n’auront tout bonnement pas accès au site. On peut la préférer si l’on ne souhaite pas monter une page désordonnée, mais le procédé est peut être un peu violent.

Enfin, depuis le 18 février, c’est toute la Norvège qui s’y met, après l’impulsion donnée par un des plus gros sites de e-commerce nationaux, finn.no, qui averti désormais les utilisateurs d’IE6 qu’ils risquent d’avoir des difficultés à naviguer confortablement, en leur proposant des téléchargements alternatifs. Ils ont été suivi par une flopée d’autres sites dans les heures qui ont suivies, un peu comme si la Fnac donnait l’exemple et était suivi par tous, même ses concurrents. La Suède a suivi le mouvement, puis l’Idonésie et l’Australie. Pour le moment (3 jours après). Leur code et l’explication de leur démarche est hébergée sur http://ie6.forteller.net

Mieux, Microsoft a annoncé soutenir l’initiative, en omettant de rappeler qu’ils ont toujours considéré IE7 comme une mise à jour de sécurité, bien qu’elle ne puisse techniquement être automatisée. Le discours est maintenant plus policé.

J’ai fait pour ma part le choix de ne pas optimiser mon site pour IE6 dès le départ, sachant qu’il s’adresse principalement à des professionnels du web, lesquels n’utilisent quoiqu’il en soit jamais un navigateur obsolète.

Je juge prématuré de proposer à mes clients d’en faire autant, mais je ne fait que réserver mon jugement en attendant de voir l’évolution du mouvement, les parts de marché d’IE6 étant encore proche des 20% à l’heure actuelle.

Adobe fait de bons produits, mais…

Voici ce que nous propose Adobe pour mettre à jour, voire acheter, sa suite logicielle :

Franchement, la différence de prix avec les états unis de l’amérique commence tout doucement à me faire monter la moutarde au nez. Les alternatives se multiplient, Microsoft en tête, et quand je me remémore ma déception devant les promesses non tenues de la CS3, je ne pense pas passer le cap de la 4…

Adobe se moque du graphisme comme d’une guigne depuis la sortie de Flex qui est leur priorité, il n’est pas question que je finance leur ambitions dans les systèmes d’exploitations nomades. Je reste avec Inkscape et Gimp, en me désolant pour mes amis qui travaillent pour l’impression.

Quand à Flash 10, et bien c’est une absolue merveille. J’admet (du bout des lèvres) que ça les vaut…comme quoi !
source : http://www.my-os.net/blog/index.php?2008/09/23/1120-adobe-lance-cs4

La mort des CSS

Pour mon retour de vacances, j’annonce un nouvel article au titre macabre. Rassurez vous, il ne s’agit pas d’autre chose que de technique, et cette annonce est en vérité plutôt salutaire :

Andy Budd, le fondateur de l’agence Clearleft à l’origine du logiciel de test d’utilisabilité Silverback, exprime dans une interview sur Sitepoint son point de vue sur l’évolution du métier de webdesigner. Il nous assène une bonne et une mauvaise nouvelle en une seule phrase : « I think CSS, to a certain extent, has run its course » (Je pense que les CSS, dans une certaine mesure, on atteint le bout de la route).

Effectivement, après tant de temps à approfondir sa connaissance du positionnement, du flux, de l’imbrication, avec enfin la possibilité d’amener ses designs à un niveau d’exigence acceptable, voici qu’un ténor de la promotion des CSS semble jouer avec nos nerfs et notre précieux temps. Où veut-il en venir, et pourquoi cette mauvaise nouvelle ?

Pour comprendre pourquoi les designers vont devoir abandonner la pratique des CSS, et collatéralement le HTML, rien ne vaut un bon schéma :

Ce genre de processus existe déjà. Pour séparer le contenu de la forme, on publie le contenu en XML. Selon le terminal qui voudra afficher ce contenu, ce dernier sera parsé (« transformé ») pour lui. Pour un navigateur classique sur un ordinateur, c’est XSLT, un langage de style pour XML, qui va générer la feuille de style CSS.

Ce processus sera identique pour chaque support, lequel utilisera son propre parser pour interpréter notre fameuse charte.

Qu’en est-il de l’intégration dans ce cas, qui était la plupart du temps confié au webdesigner, sinon à un intégrateur XHTML. Ce dernier va-t-il disparaître ? Pour autant que l’on puisse le prévoir, oui, il va se fondre dans les développeurs front office, lesquels sont d’ailleurs déjà bien représentés par d’anciens intégrateurs qui se sont mis à javascript lors de l’apparition d’Ajax.

Je n’ai pas pu trouver de chiffres sur cette mutation, sinon l’analyse qu’en fait l’association Designer Interactif au fil de leurs discussions et de leurs sondages en ligne. Mais il semble que cela se confirme de plus en plus.

C’est ce que j’estimais être la bonne nouvelle : enfin débarrassé de l’intégration, du carcan technique, comme peut l’être un DA print, lesquels ont eu la chance de ne pas avoir à apprendre le langage postscript pour communiquer avec les flasheuses offset. Reste uniquement la créa et la connaissance du medium. En réalité j’attends ça depuis longtemps, mais il a fallu attendre la standardisation du web et la maturité des métiers pour en arriver là.

« Internet, c’est comme du papier qui bouge »

Souvenez vous de 1996 et des premières évocations d’internet dans les journaux télé (vous savez, cette grosse boite ou on choisit pas son programme). On nous y parlait de liens hypertextes, de réseau mondial, de document électronique, on mélangeait tout ça avec les cédéroms…

Le terme document, associé au gifs animés, aux contenus en flash, et bien sûr à l’idée de l’ordinateur vidéo-ludique comme on l’appelait à l’époque, a laissé penser aux ignorants qu’Internet, c’est comme du papier, mais qui bouge dessus, avec des couleurs chatoyantes, interactif et multimédia en somme. Aussi pratique qu’un livre, mais encore plus riche. Imaginez la déception des ces aspirants internautes quand ils se sont retrouvé face à un navigateur poussif sur un gros écran cathodique.

On a depuis demandé à l’informatique de s’adapter. Ordinateurs portables, écrans plats, et dernièrement mini-pc portables avec un écran de 7 pouces. Internet aussi s’est adapté, via ses navigateurs et ses technologies associées, mais fondamentalement, la configuration est restée la même : on est assis et on navigue sur un objet dédié, tandis qu’on bouquine en mangeant, sur son canapé, dans la piscine ou que sais-je encore. Et l’on cherche parallèlement à singer le livre en détournant un ordinateur pour le rendre plus petit, plus pratique, moins fatiguant, plus manipulable…le ebook est un vieux fantasme pour faire rêver Amazon et faire peur aux petits éditeurs.

Et puis tout à coup il y a eu le film « Minority report »

Quel rapport entre mon aspiration d’un sympathique petit livre de poche interactif et cette usine à gaz immense de science fiction ?

Et bien figurez vous que ce n’est pas de la science fiction. Ces procédés existent déjà au stade expérimental :

par exemple celle ci :

Holographic Interactivity

 

C’est encore très loin du livre me direz vous, je m’égare. Le toucher du papier, le froissage, le cornage, le gribouillage, nous voulons tout ça, nous voulons du papier qui bouge ! Notre attente initiale était légitime !

Pour une fois, la réponse ne vient pas des super ingénieurs de la nasa. Elle vient de petits malins. Dans leur garage, comme Steve Jobs et Wozniack. Face à la débauche de promesses d’écrans tactiles en tous genres, de projecteurs miniatures, de reconnaissance de mouvement, toute une tribu d’amateur s’est mise en tête d’avoir les interfaces de demain là tout de suite maintenant. Le geek est un impatient, et le film de Spielberg lui a mis l’eau à la bouche. Alors avec les moyens du bord, un ordinateur de bureau, une webcam, des ciseaux et enfin, surtout, du papier…

Mes préférés, ce sont ceux-ci :

MTmini

Du papier, du carton, des ciseaux, et pour 50$ on a du papier interactif. Et voici un challenger intéressant :

digital touch paper

Je suis personnellement particulièrement sensible à ce « Do It Yourself  » User Interface….L’ordinateur fait à la maison, sur place, avec les moyens du bord. Dans un futur pas si lointain, j’espère pouvoir trimbaler avec moi un petit terminal ferait de n’importe quoi son écran, son clavier, son lecteur mp3….voyez plutôt :

DisplayObjects

Je vous invite aussi à consulter celle-ci : Paper Windows

Je me fais étrangement une joie de m’imaginer soulevant des montagnes de dossiers au milieu de tasse de café en râlant parce que j’ai perdu mon écran préféré (celui en papier vergé 180 grammes), ou attraper un torchon de vaisselle pour montrer une vidéo vite fait à un copain dans sa cuisine…

L’utilisabilité peut être décidée par l’utilisateur. Toute la technologie et les angoisses qu’elles génèrent peuvent disparaitre. Plus d’habileté, plus d’apprentissages spécifiques remis en cause tous les 5 ans, une technologie invisible.

Le design interactif est aujourd’hui aux premières loges pour apporter une solution à ces interfaces de demain. La multiplication des supports a déjà commencé avec l’explosion de l’internet mobile introduite par le raz de marée Iphone et les nouveaux forfaits illimités. Il faut dés maintenant penser les contenus pour ces nouveaux formats, l’ère du pixel touchant à sa fin…

Un prochain article abordera à ce sujet la mort annoncée des css pour le webdesigner.

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