« Internet, c’est comme du papier qui bouge »
Souvenez vous de 1996 et des premières évocations d’internet dans les journaux télé (vous savez, cette grosse boite ou on choisit pas son programme). On nous y parlait de liens hypertextes, de réseau mondial, de document électronique, on mélangeait tout ça avec les cédéroms…
Le terme document, associé au gifs animés, aux contenus en flash, et bien sûr à l’idée de l’ordinateur vidéo-ludique comme on l’appelait à l’époque, a laissé penser aux ignorants qu’Internet, c’est comme du papier, mais qui bouge dessus, avec des couleurs chatoyantes, interactif et multimédia en somme. Aussi pratique qu’un livre, mais encore plus riche. Imaginez la déception des ces aspirants internautes quand ils se sont retrouvé face à un navigateur poussif sur un gros écran cathodique.
On a depuis demandé à l’informatique de s’adapter. Ordinateurs portables, écrans plats, et dernièrement mini-pc portables avec un écran de 7 pouces. Internet aussi s’est adapté, via ses navigateurs et ses technologies associées, mais fondamentalement, la configuration est restée la même : on est assis et on navigue sur un objet dédié, tandis qu’on bouquine en mangeant, sur son canapé, dans la piscine ou que sais-je encore. Et l’on cherche parallèlement à singer le livre en détournant un ordinateur pour le rendre plus petit, plus pratique, moins fatiguant, plus manipulable…le ebook est un vieux fantasme pour faire rêver Amazon et faire peur aux petits éditeurs.
Et puis tout à coup il y a eu le film « Minority report »

Quel rapport entre mon aspiration d’un sympathique petit livre de poche interactif et cette usine à gaz immense de science fiction ?
Et bien figurez vous que ce n’est pas de la science fiction. Ces procédés existent déjà au stade expérimental :
par exemple celle ci :
Holographic Interactivity
C’est encore très loin du livre me direz vous, je m’égare. Le toucher du papier, le froissage, le cornage, le gribouillage, nous voulons tout ça, nous voulons du papier qui bouge ! Notre attente initiale était légitime !
Pour une fois, la réponse ne vient pas des super ingénieurs de la nasa. Elle vient de petits malins. Dans leur garage, comme Steve Jobs et Wozniack. Face à la débauche de promesses d’écrans tactiles en tous genres, de projecteurs miniatures, de reconnaissance de mouvement, toute une tribu d’amateur s’est mise en tête d’avoir les interfaces de demain là tout de suite maintenant. Le geek est un impatient, et le film de Spielberg lui a mis l’eau à la bouche. Alors avec les moyens du bord, un ordinateur de bureau, une webcam, des ciseaux et enfin, surtout, du papier…
Mes préférés, ce sont ceux-ci :
MTmini
Du papier, du carton, des ciseaux, et pour 50$ on a du papier interactif. Et voici un challenger intéressant :
digital touch paper
Je suis personnellement particulièrement sensible à ce « Do It Yourself » User Interface….L’ordinateur fait à la maison, sur place, avec les moyens du bord. Dans un futur pas si lointain, j’espère pouvoir trimbaler avec moi un petit terminal ferait de n’importe quoi son écran, son clavier, son lecteur mp3….voyez plutôt :
DisplayObjects
Je vous invite aussi à consulter celle-ci : Paper Windows
Je me fais étrangement une joie de m’imaginer soulevant des montagnes de dossiers au milieu de tasse de café en râlant parce que j’ai perdu mon écran préféré (celui en papier vergé 180 grammes), ou attraper un torchon de vaisselle pour montrer une vidéo vite fait à un copain dans sa cuisine…
L’utilisabilité peut être décidée par l’utilisateur. Toute la technologie et les angoisses qu’elles génèrent peuvent disparaitre. Plus d’habileté, plus d’apprentissages spécifiques remis en cause tous les 5 ans, une technologie invisible.
Le design interactif est aujourd’hui aux premières loges pour apporter une solution à ces interfaces de demain. La multiplication des supports a déjà commencé avec l’explosion de l’internet mobile introduite par le raz de marée Iphone et les nouveaux forfaits illimités. Il faut dés maintenant penser les contenus pour ces nouveaux formats, l’ère du pixel touchant à sa fin…
Un prochain article abordera à ce sujet la mort annoncée des css pour le webdesigner.


