La mort des CSS
Pour mon retour de vacances, j’annonce un nouvel article au titre macabre. Rassurez vous, il ne s’agit pas d’autre chose que de technique, et cette annonce est en vérité plutôt salutaire :
Andy Budd, le fondateur de l’agence Clearleft à l’origine du logiciel de test d’utilisabilité Silverback, exprime dans une interview sur Sitepoint son point de vue sur l’évolution du métier de webdesigner. Il nous assène une bonne et une mauvaise nouvelle en une seule phrase : « I think CSS, to a certain extent, has run its course » (Je pense que les CSS, dans une certaine mesure, on atteint le bout de la route).
Effectivement, après tant de temps à approfondir sa connaissance du positionnement, du flux, de l’imbrication, avec enfin la possibilité d’amener ses designs à un niveau d’exigence acceptable, voici qu’un ténor de la promotion des CSS semble jouer avec nos nerfs et notre précieux temps. Où veut-il en venir, et pourquoi cette mauvaise nouvelle ?
Pour comprendre pourquoi les designers vont devoir abandonner la pratique des CSS, et collatéralement le HTML, rien ne vaut un bon schéma :

Ce genre de processus existe déjà. Pour séparer le contenu de la forme, on publie le contenu en XML. Selon le terminal qui voudra afficher ce contenu, ce dernier sera parsé (« transformé ») pour lui. Pour un navigateur classique sur un ordinateur, c’est XSLT, un langage de style pour XML, qui va générer la feuille de style CSS.
Ce processus sera identique pour chaque support, lequel utilisera son propre parser pour interpréter notre fameuse charte.
Qu’en est-il de l’intégration dans ce cas, qui était la plupart du temps confié au webdesigner, sinon à un intégrateur XHTML. Ce dernier va-t-il disparaître ? Pour autant que l’on puisse le prévoir, oui, il va se fondre dans les développeurs front office, lesquels sont d’ailleurs déjà bien représentés par d’anciens intégrateurs qui se sont mis à javascript lors de l’apparition d’Ajax.
Je n’ai pas pu trouver de chiffres sur cette mutation, sinon l’analyse qu’en fait l’association Designer Interactif au fil de leurs discussions et de leurs sondages en ligne. Mais il semble que cela se confirme de plus en plus.
C’est ce que j’estimais être la bonne nouvelle : enfin débarrassé de l’intégration, du carcan technique, comme peut l’être un DA print, lesquels ont eu la chance de ne pas avoir à apprendre le langage postscript pour communiquer avec les flasheuses offset. Reste uniquement la créa et la connaissance du medium. En réalité j’attends ça depuis longtemps, mais il a fallu attendre la standardisation du web et la maturité des métiers pour en arriver là.


