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La ringardisation d’internet

Internet rejoint la télé dans les canaux responsables de l’abrutissement général. LA mode à venir, c’est d’affirmer son indépendance vis à vis d’internet, comme il est de bon ton de ne pas regarder la télé.

Par exemple, cette vidéo prophétique qui dénonce ironiquement la surconnectivité et l’addiction aux réseaux d’information, de communication, ou sociaux :

Le ton est digne des pamphlets les plus alarmistes sur les dégâts censés être causés par la télévision, notamment sur le cerveau de nos enfants. Il est utile de rappeler que l’exposition télévision, si elle a pu faire l’objet d’études démontrant une action sur le cerveau, est loin d’avoir démontré sa dangerosité. Tout dépend du sens qu’on donne à cette action.

Quand à l’abrutissement des masses, qui serait favorisé par la télévision, et maintenant internet, ne disais-t-on pas la même chose du journalisme à sa naissance (L’éducation sentimentale de Flaubert est un exemple connu comme témoignage de l’opinion négative des lettrés sur ce nouveau « genre »). Et avant le journalisme, les livres et fascicules à 2 sous que vendaient les colporteurs, étaient eux mêmes accusé de milles maux. En cherchant un peu, je crois même me rappeler que les textes de l’antiquité accusaient les joueurs d’osselets, alanguis toute la journée à s’affronter à ce jeu dérisoire, étant pointés comme exemples de fainéantise intellectuelle.

Je me fustige moi même assez souvent quand je passe trop de temps à me laisser happer par le flux continu qu’offre le réseau, mais pourquoi fustiger le réseau ? La paresse intellectuelle est une menace brandie par les élites lorsqu’elles sont trop sûres de leur hégémonie sur la connaissance. La connaissance « valable », bien sûr.

Pour finir, un contre-exemple démontrant que le meilleur est à attendre d’un réseau d’information universel : la revue scientifique Jstor ouvre son contenu gratuitement. Et rejoint ainsi le projet initial du web de Tim Berners Lee, créer une vaste bibliothèque partagée de tous les savoirs.

Alors ? Ringard internet ?

2 commentaires

  1. Marie-Eve dit :

    Tout dépend de ce qu’on en fait… On s’abrutit devant la télé quand on regarde sans regarder, qu’on n’arrive pas à appuyer sur le bouton « off » et à se bouger pour faire autre chose de plus constructif (ça ne veut pas dire que la télé n’est pas « constructive »). On s’abrutit devant l’ordi quand on surfe sans rien chercher, qu’on reste sur Facebook à actualiser la page toutes les minutes… Et encore, est-ce qu’on s’abrutit vraiment ? Non, on a juste la flemme.

    Ce n’est pas ringard Internet. Mais c’est une force de dire « j’ai déconnecté » quand on pourrait rester devant à boire le flux d’information.

  2. Maël Poulain dit :

    C’est assez l’idée que je défend : on peut s’abrutir devant n’importe quoi. Internet n’est pas responsable de notre tendance à la paresse :)

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