Le design en comité
Il y a une tendance naturelle dans la communication à soumettre le travail du graphiste à l’approbation d’un comité d’intéressés allant du patron au chef de com, en passant par le responsable marketing, le responsable commercial, leurs éventuels assistants, et quiconque se sentira endossé de la responsabilité de ce sujet.
On assiste parfois à des décisions collégiales absurdes tentant de faire le grand écart entre les nécessités de chaque service, transformant le design en puzzle de sens et de fonctions, sans compter bien sûr les querelles intestines, le consensus, tous les freins habituels à la prise de décision.
Je suis tombé sur cette excellente parodie : à quoi ressemblerait le panneau Stop s’il avait été désigné en comité ?
Pour ce qui est du design d’interaction, l’analyse qui est faite de l’expérience du design d’un interface utilisable par un comité est la suivante : un comité est toujours un groupe trop réduit (et qui plus est ne possédant qu’une vision partielle des utilisateurs, sa somme d’expertises ne formant pas un tout « utilisateur moyen »). Mieux vaut préférer pour le même nombre de personne des gens neutres quand à la responsabilité du projet.
Mieux : les projets open source ont commencé à expérimenter, avec succès semble-t-il, le design par la communauté, qu’ils opposent au design par comité. C’est évidemment une nouvelle force pour l’open source après avoir été si longtemps le mouton noir des ergonomes. Des enseignes comme amazon ou facebook tentent déjà d’appliquer ce principe, mais sans en respecter les règles (les tendances révlées par la consultation des utilisateurs sont probablement soumises à un comité !), provoquant la colère de leur visiteurs réguliers. Ce qui somme toute n’est pas bien grave pour facebook, mais l’est plus pour Amazon qui est un site marchand.
Une idée à creuser donc, surtout sur des projets moins massivement consultés, comme peut l’être un progiciel ou un intranet.


