L’écran dans l’écran dans l’écran…
Les applications en ligne se multiplient et peu à peu l’idée d’une généralisation de ce modèle se répand. Microsoft tente de concurrencer Google et sa suite bureautique gratuite en ligne en travaillant sur une version Live de Word et Excel.
Toutes nos applications usuelles semblent concernées à long terme, la connectivité, le partage et le nomadisme semblant être devenus en 3 ans une nécessité dans nos habitude de travail. Restent que certaines ne sont pas prêtes pour le grand saut sur la toile, je pense par exemple aux traitement d’image ou de montage vidéo qui manipulent de lourds fichiers et réclament une forte puissance, autant de ressources limitées (aujourd’hui) sur un serveur web.
Notre navigateur web devient pourtant petit à petit le bureau de notre ordinateur, nous lui confions la gestion de nos fichiers, nos emails, notre agenda, de plus en plus de tâches. On se dirige vers de véritables systèmes d’exploitations venant concurrencer windows, mac ou linux dans une page web. EyeOs, par exemple, vous propose les fonctions classiques d’un bureau, accessible en ligne depuis n’importe quel cybercafé de la planète, avec les avantages que cela peut avoir pour un voyageur.

Ce type d’innovation se multiplient, encore basiques dans leur fonctions, mais mimant parfaitement ce qu’on attend d’un ordinateur, à tel point que certains intègrent même…un navigateur web ! Bitty Brower propose même en toute innocence un navigateur pour notre navigateur. La mise en abime est absurde mais représentative de l’évolution de l’informatique.
Ainsi, tandis que sort cette année le successeur de Vista, sobrement intitulé Windows 7, se prépare déjà Windows 8, qui est annoncé comme un noyau simplifié pesant moins d’une centaine de mega-octets, servant de support aux logiciels qui auront à leur charge une grande partie de la gestion de leur interface graphique. La raison en est la dispersion de l’informatique dans des objets autres que l’ordinateur. Les équipement électroniques nécessitent de plus en plus de ressources logicielles, le meilleur exemple étant notre téléphone portable, mais aussi notre voiture, notre appareil photo, notre frigo…Microsoft anticipe un avenir où il serait leader sur le matériel, laissant Apple se perdre dans les interfaces qui bientôt ne lui appartiendront plus, des surcouches créées par les éditeurs logiciels les ayant remplacées.
Google a fait du web son pari sur l’avenir, sortant à la fois Chrome, son propre navigateur exécutable sur toutes les plateformes courantes, et Native Client, son système d’exploitation exécuté par le navigateur, exploitant cette fois les ressources locales au lieu de celle d’un serveur. On peut imaginer qu’avec la généralisation d’un système comme celui ci, notre ordinateur ne finisse par nous servir qu’à lancer le navigateur !
Ces surcouches d’interfaces, encore balbutiantes et malpratiques, ont tendance à rendre l’utilisateur intransigeant. J’ai déjà en plus de mon bureau plusieurs fenêtres à manipuler (mail, explorateur, documents), la fenêtre du navigateur doit rester à sa place de fenêtre et ne pas s’attribuer le droit d’en ouvrir d’autres de son propre chef, ou pire de redimensionner son espace intempestivement. Les pop-up sont ainsi rageusement bannies et universellement reconnues comme irritantes, et le redimensionnement n’en parlons pas !
Les concepteurs web ont donc du apprendre à faire fonctionner leur application dans une seule fenêtre, quitte à fournir des fenêtres de dialogues modales en html, comme ces fameuses pop-up qui assombrissent le fond de l’écran :

Le navigateur n’est pas la seule réponse possible au portage d’une application sur le web, mais elle est la plus universelle. Tout le monde s’y met avec le pressentiment justifié de ne pouvoir y échapper avec ses excès inévitables et ses replis (comme la récente version offline de gmail).
Pour finir, parlons un peu des téléphones mobiles, sur lesquels on voit fleurir pléthore d’applications, et bien figurez vous que photoshop est désormais disponible sur l’Iphone :


