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L’esthétique de l’utilisabilité.

L’édifiant article d’Information Architect, la star japonaise de l’utilisabilité (on a des stars, nous autres…), compare le nouveau webmail « mobileme » d’Apple au vétéran de google, gmail. La démonstration développe une observation maintenant connue et admise : les interfaces à base d’icônes sont moins faciles à utiliser que celles à base de libellés textuels :

Apple veut séduire, et l’interface est très soignée, mais sans description, l’icône est souvent vide de sens dès lors qu’elle propose un service spécifique. Ainsi, chacun reconnaitra aisément l’icône « Maison », « Mail », « Dossier », mais celles, plus inhabituelles que peut proposer une application, comme « Upload », « Droits des utilisateurs », « traitement par lot » ou autres fonctions plus avancées, demanderont à l’utilisateur d’ouvrir ces menus pour en explorer le contenu. Une véritable enquête en somme.

Les icônes ont leur importance, elles sont utiles pour la productivité des tâches courantes une fois l’interface connue, et peuvent également faciliter l’apprentissage d’un logiciel. Tout est une question de mesure, et chaque cas est particulier.

L’intention d’Apple de créer une interface agréable est toute à son honneur, bien qu’ils aient péché par excès, et Google à démontré son souci de l’utilisateur au point d’être une référence dans le domaine de l’ergonomie. Mais une interface utilisable doit elle être aussi pauvre, pour ne pas dire moche ?

L’article d’Information Architect se termine par une leçon à Apple : la beauté est aussi dans l’utilisabilité. Pour ma part, je ferais le reproche inverse à Google : l’utilisabilité n’exclue pas la beauté.

Tous les ergonomes vous le confirmeront : une interface sans graphisme est inutilisable. Il suffit de voir à quoi ressemble un « wireframe » (fil de fer), qui place les éléments une fois réunis les données de l’analyse :

Sans aucun doute, travailler sur ce triste sire ne peut que provoquer une antipathie croissante, digne de celle que connaissent les utilisateurs des pires ratages de Microsoft. Plus fondamental, une interface sans contrastes, sans accroches, sans repères, apparaît comme un charabia surchargé, sans hiérarchie, et cela quels que soient les efforts des concepteurs. Utilisabilité et esthétique sont donc indispensables pour apprivoiser l’utilisateur, et surtout, ces deux critères remplissent le même rôle, qui me tient personnellement à cœur: ils expriment la cordialité du service, et par conséquent des personnes qui en ont la charge.

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